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A propos de « Vies exotiques modèle des Pratiques Narratives »
d’Isabelle Laplante – www.pratiquesnarratives.com
(Commentaire de JCN - Paris Août 2009) –
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Perception d’un message :
A l’attention de l’auteur !
Une offre
Dans mon mail de remerciement après réception de « Vies exotiques modèle des Pratiques Narratives », je soulignais le caractère apaisé que m’inspirait au premier abord l’ensemble du document. Ceci n’a pas été démenti par la suite ; - après lecture et relectures.
Vous plantez directement le décor - origine, modèle, cadre de référence. ;- ce qui me semble être un positionnement objectif par lequel vous accompagnez votre message, qui, de fait, se donne la coloration d’une volonté de partage. Car vous nous offrez réellement à partager les bases d’un modèle dont les approches sont d’une remarquable ouverture pour l’ensemble des relations d’aide.
Ainsi de la façon la plus épanouie vous proposez tout au long de votre message un cheminement quasi initiatique ;- sensibilisation et invite subtile à la relecture de notre l’histoire, de notre propre identité avant de s’engager dans l’aide à la reformulation de celles des autres. Pour cette invite - je pense, vous avez pris soin d’associer curiosité et intérêt ; une sorte d’appât préalablement bien pétri, adossé aux informations génériques de votre message. Impossible pour le coach et le lecteur que je suis, de ne pas y mordre.
Et pour résumer je dirais simplement que votre message se révèle être un condensé particulièrement convaincant du concept et du modèle des PN ; document merveilleux, implacable, vivant, avec une densité à la mesure de sa richesse.
Bien noter cependant que ma prise de connaissance de votre message je la conçois en toute humilité sous l’angle d’un coach dans une démarche d’enrichissement de ses postures et de son écoute technique ; et non essentiellement sous l’angle des Pratiques Narratives, comme vous le savez, que je ne pratique pas.
Une mise à disposition
Comme lecteur et coach, je me réjouis de cette mise à disposition :
- « des fondements très spécifiques qui sous-tendent le modèle » ;
- du cadre de référence explicité et enrichi ;
- du condensé de la dynamique intellectuelle et technique qui aura conduit à « l’identité narrative ».
Merci pour le préambule qui nous fait partager l’hommage que vous rendez de façon claire à l’ensemble des chercheurs qui ont nourri l’éclosion des Pratiques Narratives ; et principalement à Michel White qui les a structurellement portées sur le terrain des relations d’aide.
Je ne me permettrais pas de reprendre ici le contenu. Car il est bien dit et bien proposé. Je puis dire simplement qu’il s-agit d’une source d’inspiration pour l’ensemble des praticiens de la relation d’aide ; et cela en termes de posture, de conduite de conversation, du respect de l’auteur principal ; en fait, de l’ensemble d’éléments nouveaux qui nourrissent cette curiosité et cet intérêt évoqués plus haut.
Je pourrais ainsi citer le concept de l’échafaudage évoqué dans le cadre de la notion de l’apprentissage.
Au niveau analogique :
A partir de la métaphore littéraire vous nous introduisez dans les dimensions et le concept de l’histoire, et ainsi dans les réalités de nos histoires personnelles dont les séquences porteuses d’évènements et de sens - donné à tors ou à raisons – nous attribuent invariablement « d’histoires dominantes » et « d’histoires préférées » ; ces dernières généralement occultées par la force des choses.
En précisant que « c’est l’histoire de vie – le thème, le sens donné - qui façonne l’identité des gens...», vous situer le récit et la narration dans la construction de l’identité de chacun.
Mais vous insistez sur l’intérêt à accorder aux « histoires préférées » ; celles à partir desquelles se génère de façon fertile pour l’auteur principal, le patient, une nouvelle histoire, cohérente et pertinente pour lui ; - disons pour anticiper, - une histoire rassurante et contributive. Et cela d’autant plus que l’identité narrative qui s’imprègne essentiellement du sens donné aux séquences de l’histoire, se caractérise du fait, comme « mobile », « négociable et même renégociable ».
La notion d’identité narrative s’apparente de fait à la notion du présent. Un présent qui n’existe que le temps d’un instant, pour devenir continuellement le passé. Un passé proche, mais un passé quand-même. Ce qui m’amène à croire – comme vous le suggérez, je pense, que mon identité ne pourrait être que la révélation de mon histoire ; le présent n’ayant jamais eu, ni le temps, ni la capacité de la contenir ;- ainsi le récit et la narration viennent au secours du présent ;- le récit en rapportant les évènements et leurs séquences, la narration en formalisant les thèmes et finalisant le sens. Cette aptitude à formaliser les thèmes et à finaliser le sens fait de la narration, une plateforme concrète de négociation et de renégociation potentielle de l’identité narrative qui, me paraît-il, n’est que la domestication dynamique et formelle de l’identité substantielle d’un individu.
Quel ressenti pour moi ?
Il m’apparaît opportun de relever ici que comme lecteur je me sens interpelé, ramené à moi-même pour m’ausculter, m’interroger sur mon histoire, mon histoire dominante, mes histoires préférées ; comme si très spontanément j’avais à évaluer l’efficacité des approches proposées en me positionnant comme cobaye, et reflet. Et pourtant il s’agit simplement d’un besoin d’appropriation imposé par la pertinence du message.
A partir d’un clin d’œil dans mon retro ; … ensuite un souvenir …
A 180° je baigne dans un monde où toute relation sociale normale repose sur une tradition ; celle qui se définit comme conjugaison du temps, de l’espace et de l’histoire. Il s’y distingue de fait, mobilité et interrogations, qui génèrent évolution et adaptation à l’environnement.
A signaler que la mise en œuvre de cette mobilité et de ses interrogations se construit à travers négociations et renégociations, - voir palabres ou tenue des palabres. Mais en fait, en termes de palabres, il s’agit simplement de joutes oratoires évoquant l’histoire au travers des récits et des proverbes. Et dans ces jeux, les gagnants sont toujours du côté des meilleurs connaisseurs de l’histoire et des meilleurs narrateurs. Ainsi il se trouve qu’ici également, l’histoire, le récit et la narration sont des éléments d’importance ; et cela, même sur le plan identitaire où toute légitimité – individuelle, sociale, territoriale – ne puit se revendiquer qu’à partir de l’histoire rapportée par des récits, étayée par les anciens au travers de leurs narrations.
Yamkus, le vieux sage se plaisait à me rappeler ceci : « Le temps et l’histoire sont mari et femme pour l’éternité ;- mari et femme pour générer intelligence et sagesse, et procréer des mondes nouveaux échappant aux emprises sournoises ».
C’était son souhait ; mais n’anticipait-il pas à sa manière à propos du pouvoir moderne ?
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