Partager l'article ! Le baobab: - Emoreré - --------------- Au travers de ma loupe qui me permet de scruter avec un œil, l'écran de mon PC, je me suis retrouvé nez ...
« Je suis là, depuis bien longtemps ; bien planté, et bien entouré.
Baignant dans la lumière du soleil le jour, et sous l'éclat des étoiles la nuit tombée.
Je suis à tout instant en communion pleine et profonde avec la nature.
Je me nourris de lumière et des ténèbres ; d'air et de vent qui me caressent et me murmurent la pertinence du temps.
Et tout à côté, mes quelques voisines, celles qui m'accompagnent dans mon voyage spirituel, me surplombant de temps à autre au rythme des brises, me préviennent, et me susurrent :
- « Méfie-toi des avatars, et n'oublie pas tes cartes».
Mes voisines en prime me nourrissent, de leur rosée matinale, pleine de vie, la seule boisson régulièrement partagée pour la journée. Ce sont elles également qui complètent mon éclairage des mystères du jour et des mystères de la nuit ; et ceci, au travers de leurs frêles silhouettes et leurs réconfortants froissements de feuilles.
Moi je n'ai plus de feuilles ; mais des racines, des vieilles racines, celles qui me portent.
De par ma stature, je me signale et je protège ; pas celles qui m'entourent seulement ; mais aussi ceux et celles qui viennent de loin.
On ne déboise pas autour de moi ; on nettoie simplement, pour s'asseoir et discuter ; - mieux, raconter des petites histoires ; des petites histoires simples ou surprenantes. Attentivement,
j'écoute ; car ma sagesse vient de cette écoute partagée, pleine de congruence et de paix intérieure.
On ne me converse pas ; on m'apprend. On m'apprend comment va le monde autour de moi ; mais on me parle surtout du malade, du jaloux, du paresseux, de l'envieux, des politiques ; si bien que dans la soirée et dans la nuit, je me remémore fatalement les faiblesses des humains ; - des charmes.
Je n'ose pas demander : « qu'attendez-vous de moi ? ». Cette question est déjà imprimée dans les cerveaux de ceux et celles qui viennent me voir, me rendre visite. Je pourrais à la limite
susciter cette question. Cependant ils connaissent déjà le proverbe africain qui dit ceci : « Tu caches la maladie, tu occultes les soins » ... et par voie de conséquence la guérison.
»
Ainsi donc, dès lors que tu échanges avec ton baobab, « accouche » simplement tout en écoutant ton cœur. Tu ne risques rien ; tu te retrouveras plutôt mieux, et meilleur de retour chez toi.
«Il ne faut pas non plus oublier qu'un baobab ne contraint personne, n'oblige personne ; il ne s'exprime que très calmement, à voix basse ; jamais à haute voix » Il écoute, silencieusement, en
toute empathie.
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